Oui, l’abutilon craint le gel. Originaire des zones subtropicales d’Amérique du Sud, il ne résiste généralement pas en dessous de -5°C pour les variétés les plus répandues. Les courants d’air froids lui sont tout aussi néfastes que les températures négatives. Bonne nouvelle : avec quelques gestes ciblés, vous pouvez le garder en bonne santé d’une année sur l’autre et le voir prendre du volume au fil des saisons.
🌿 Ce qu’il faut retenir
Seuil critique
La plupart des hybrides ne supportent pas moins de -5°C
En pot
Rentrer dans un local lumineux entre 8 et 15°C avant le premier gel
En pleine terre
Possible au sud de la Loire avec voile d’hivernage et paillage de souche
Jusqu’à quelle température l’abutilon résiste-t-il ?
Le seuil de -5°C est la limite à retenir pour les hybrides courants, les plus vendus en jardinerie. En dessous, les parties aériennes gèlent rapidement. Mais toutes les espèces ne sont pas logées à la même enseigne : certaines résistent nettement mieux, et c’est utile de le savoir si vous envisagez une plantation en pleine terre dans une région fraîche.
| Espèce | Résistance au gel | Particularités |
|---|---|---|
| Abutilon × hybridum | -5°C | Le plus courant, port buissonnant |
| Abutilon vitifolium | -8°C en sol drainé | Grandes fleurs mauve à lavande, jusqu’à 6-7 m |
| Abutilon megapotamicum | -8 à -10°C | Le plus rustique, port volubile, peut repartir de la souche |
| Abutilon megapotamicum ‘Pink Charm’ | -8 à -10°C | Grimpant, fleurs roses, floraison quasi continue en régions douces |
| Abutilon pictum / striatum | Peu rustiques | À traiter comme plantes d’intérieur en régions froides |
Notez que même l’Abutilon megapotamicum, le plus résistant du groupe, ne tolère pas des gelées prolongées. Et quelle que soit l’espèce, un vent glacial combiné au froid accélère considérablement les dégâts. La rusticité indiquée s’entend toujours dans des conditions abritées, jamais en exposition directe aux vents du nord.
Peut-on laisser un abutilon dehors en hiver ?
La réponse dépend de deux paramètres : votre région et le mode de culture choisi. En France, il n’existe pas de réponse unique. Voici les deux situations concrètes à distinguer.
En pleine terre dans une région douce

Au sud de la Loire, sur la façade atlantique et dans les zones méditerranéennes, un abutilon planté en pleine terre peut passer l’hiver dehors. Deux conditions sont indispensables : une exposition plein sud, idéalement contre un mur qui restitue la chaleur la nuit, et un sol parfaitement drainé pour éviter que l’humidité stagnante n’aggrave les effets du froid.
Les protections à mettre en place dès l’automne :
- Un voile d’hivernage enroulé autour des tiges lors des vagues de froid, à retirer dès le retour des températures douces pour aérer la plante
- Un paillage généreux de la souche (paille, feuilles sèches ou fougère sèche) pour maintenir les racines à l’abri du gel
Si malgré tout le gel détruit les parties aériennes, ne retirez pas la plante. Taillez au ras du sol et attendez. L’Abutilon megapotamicum notamment est capable de repartir depuis la souche dès que la température remonte, à condition que les racines n’aient pas gelé.
En pot selon le niveau de gel de votre région
La culture en pot change la donne : les racines sont bien moins isolées qu’en pleine terre et subissent le froid de plein fouet à travers les parois du contenant. C’est le point de vigilance le plus sous-estimé chez les jardiniers amateurs.
Deux cas de figure :
- Gel modéré (jusqu’à -5°C) : un maintien à l’extérieur reste envisageable avec des protections sérieuses.
- Déplacer le pot au pied d’un mur exposé au sud
- Emmailloter le pot dans du carton maintenu par une toile de lin épaisse
- Envelopper le feuillage d’un voile d’hivernage lors des nuits les plus froides
- Gel sévère ou fréquent : rentrer la plante impérativement. Il n’y a pas de compromis possible sous -5°C pour un abutilon en pot.
Comment hiverner un abutilon en pot ?
C’est la situation la plus courante en France, et c’est aussi la plus simple à gérer dès lors qu’on connaît les bons réglages. L’hivernage en pot se joue sur trois points : le lieu, l’arrosage et la surveillance sanitaire.
Quand et où rentrer votre abutilon
Ne cherchez pas à attendre le premier coup de froid pour agir. Rentrez votre abutilon avant les premières gelées d’automne, dès que les températures nocturnes commencent à descendre régulièrement sous 8°C. L’installation idéale pour passer l’hiver :
- Une véranda ou un jardin d’hiver non surchauffé (idéal)
- Une serre froide ou un local hors-gel avec une fenêtre
- Une pièce peu chauffée, directement éclairée par la lumière naturelle
La température cible se situe entre 8 et 15°C. En dessous, la plante souffre. Au-dessus de 18-20°C en continu, elle s’affaiblit et devient une proie facile pour les parasites. La lumière est une condition non négociable : sans clarté suffisante, l’abutilon perd ses feuilles et ses boutons floraux.
Arrosage, engrais et parasites à surveiller
Pendant l’hivernage, le rythme d’arrosage change radicalement. Espacez les arrosages à une fois tous les 10 jours environ, en vérifiant toujours que le substrat est bien sec avant d’apporter de l’eau. Un sol détrempé en hiver est la première cause de pourriture des racines. Stoppez totalement les apports d’engrais jusqu’au printemps.
Sous abri, les parasites profitent de la chaleur et de l’air confiné. Les trois à surveiller :
- Les araignées rouges, favorisées par la chaleur et la sécheresse de l’air : brumiser régulièrement le feuillage les décourage efficacement
- Les cochenilles, qui s’installent discrètement sur les tiges et sous les feuilles
- Les aleurodes (mouches blanches), visibles dès qu’on secoue légèrement la plante
En cas d’infestation débutante, une pulvérisation d’eau additionnée de savon noir à 5% traite les trois sans produit chimique. Aérez régulièrement le local, même quelques minutes par jour : c’est la meilleure prévention qui soit.
Quand et comment ressortir l’abutilon au printemps ?
La sortie au printemps est une étape que beaucoup négligent, et c’est souvent là que les plantes fragilisées par l’hiver finissent par lâcher. Un abutilon hiverné à 10°C ne peut pas passer d’un coup à une terrasse ensoleillée et ventée.
L’acclimatation se fait sur deux à trois semaines :
- Sortir la plante quelques heures par jour au départ, à l’abri du vent
- Rentrer systématiquement le soir tant que les nuits restent fraîches
- Augmenter progressivement la durée d’exposition avant l’installation définitive à l’extérieur
C’est aussi le bon moment pour la taille de printemps : supprimez le bois mort, les branches qui se croisent à l’intérieur de la touffe, et raccourcissez les tiges d’un tiers maximum. Cette taille stimule les nouvelles pousses et conditionne directement la qualité de la floraison estivale. Si le pot n’a pas été changé depuis deux ans, profitez-en pour le rempoter dans un contenant légèrement plus grand avec un substrat frais et drainant.
Un conseil pratique pour les hivers difficiles : bouturer votre abutilon en été sur une tige semi-aoûtée (mi-bois, mi-verte), plantée dans un mélange terreau et sable, à l’étouffée sous un bocal en verre. Vous obtenez une plante de rechange sans frais, une vraie assurance contre un hiver plus rude que prévu.


