Le meilleur moment pour bouturer, c’est l’été, et plus précisément la fenêtre qui s’étend de mi-juillet à mi-septembre. Sur cette période, les tiges sont assez souples pour émettre des racines rapidement, sans être trop tendres pour résister. Mais cette règle ne s’applique pas à toutes les plantes : le bon mois dépend avant tout du type de tige que vous prélevez. Un hortensia se bouture en juillet, un saule en février, un géranium en juin. Voici le calendrier complet pour ne plus rater la fenêtre de tir.
🌿 L’essentiel à retenir sur la période de bouturage
| Type de bouture | Période idéale | Exemples de plantes |
|---|---|---|
| Tiges herbacées | Juin à septembre | Géranium, sauge, verveine, aster |
| Tiges de bois tendre | Mai à juillet | Tiges vertes de l’année, résineux |
| Tiges semi-aoûtées | Mi-juillet à mi-septembre | Hortensia, laurier-rose, hibiscus, fusain |
| Tiges aoûtées | Fin août à fin automne | Base lignifiée, extrémité encore souple |
| Rameaux de bois sec | Novembre à mars | Vigne, saule, deutzia, sureau |
Quel mois bouturer selon le type de tige ?
Avant de regarder le calendrier, il faut comprendre une chose : ce n’est pas la plante seule qui détermine la période de bouturage, c’est le type de tige que vous prélevez. La même espèce peut se bouturer à des moments très différents selon que vous choisissez une pousse tendre de printemps ou un rameau durci de l’automne.
Tiges herbacées : fin d’été et début automne
Les boutures herbacées concernent les tiges souples, non lignifiées, qui n’ont pas encore durci. On pense aux géraniums, aux sauges, aux verveines ou aux asters. La bonne période court de juin à septembre, avec un pic d’efficacité en août et début septembre.
Ces tiges s’enracinent vite, souvent en deux à trois semaines, mais elles sont aussi fragiles. Elles supportent mal la sécheresse et le soleil direct. Un substrat léger mélange de sable et de terreau, une cloche transparente pour conserver l’humidité, et une exposition à mi-ombre suffisent dans la plupart des cas. Si vous souhaitez savoir quelles espèces répondent le mieux à ce type de bouturage, certaines plantes particulièrement faciles à bouturer figurent en tête de liste pour les débutants.
Tiges semi-aoûtées : mi-juillet à mi-septembre
C’est la catégorie reine du bouturage estival. Une tige semi-aoûtée est une pousse de l’année dont la base commence à se lignifier, tandis que l’extrémité reste souple. Ce stade intermédiaire est idéal : la tige résiste mieux au stress hydrique qu’une herbacée, mais elle est encore assez active pour émettre des racines rapidement.
Les plantes concernées sont nombreuses : hortensia, laurier-rose, hibiscus, abélia, fusain, photinia, chèvrefeuille. Pour l’hortensia, on prélève une pousse latérale non fleurie d’environ 15 cm, on retire les feuilles du bas et on coupe celles du haut de moitié pour limiter l’évaporation. La bouture est ensuite placée en pot à l’ombre, sous cloche ou bouteille plastique coupée.
Rameaux de bois sec : hiver et début printemps
Les boutures de bois sec (ou bois dormant) se prélèvent entre novembre et mars, quand la plante est au repos végétatif. On choisit des rameaux de l’année, bien aoûtés, fermes sous les doigts.
Cette méthode concerne principalement les arbustes à feuillage caduc : vigne, saule, deutzia, sureau, tamaris. L’enracinement est lent (plusieurs semaines à plusieurs mois), mais le taux de réussite est élevé car la plante n’a aucun besoin en eau à satisfaire pendant la période de dormance. On plante directement en pleine terre ou en pot, dans un endroit abrité, et on laisse le temps faire son travail.
Quel est le meilleur mois pour bouturer selon la saison ?
Maintenant que vous savez quel type de tige bouturer, voici comment cela se traduit concrètement mois par mois. Le calendrier ci-dessous vous donne les plantes à travailler pour chaque période, avec le contexte qui explique pourquoi ça marche à ce moment précis.

Février à mai : tiges dormantes et réveil végétatif
En février et mars, on travaille encore avec le bois dormant. C’est la période des boutures de buis, lierre, saule, deutzia et chrysanthème. Les tiges sont prélevées avant le débourrement, quand les réserves sont concentrées dans les rameaux.
À partir d’avril et mai, le réveil végétatif ouvre une nouvelle fenêtre. Les tiges tendres de printemps permettent de bouturer la lavande, la clématite, le lilas, le jasmin d’hiver, la potentille ou l’althéa. L’énergie de croissance est forte à cette période, ce qui favorise l’émission de racines, à condition de maintenir une humidité constante sans noyer le substrat.
Juin et juillet : la fenêtre d’or pour les arbustes
Juin marque le début de la grande saison du bouturage. Les géraniums se bouturent facilement sur des tiges de 10 cm coupées sous un nœud, les fuchsias sur des pousses souples sans bouton floral, et les lauriers-roses sur des tiges semi-ligneuses que l’on peut plonger dans un verre d’eau ou planter directement en substrat sableux.
Juillet est le mois le plus rentable pour les arbustes d’ornement. L’hortensia, la lavande, le romarin, le jasmin, le thym, l’abélia et le bougainvillier sont tous au bon stade. Les tiges semi-aoûtées de juillet présentent un avantage précis : la base commence à résister, ce qui réduit le risque de pourriture, mais l’enracinement reste rapide, souvent en trois à quatre semaines dans de bonnes conditions. Pour la lavande, on choisit des tiges florales défleuries dans un substrat très sableux, avec un arrosage mesuré : elle déteste l’excès d’eau.
Août et septembre : semi-aoûtées et plantes tropicales
En août, les rosiers sont à leur meilleur stade pour le bouturage. On prélève une tige défleurie de l’année, on la coupe en section de 15 cm, et on la plante dans un mélange sable et terreau à parts égales, à l’ombre, sous film plastique perforé. Le chèvrefeuille, la vigne vierge, le fusain, le laurier-sauce et le fuchsia répondent aussi très bien à cette période.
Septembre reste exploitable pour les semi-aoûtées des arbustes à floraison estivale, mais les températures qui baissent ralentissent l’enracinement. Les boutures prélevées ce mois-là passeront l’hiver en abri (véranda non chauffée ou mini-serre) avant d’être repiquées au printemps suivant.
Octobre à janvier : boutures de bois sec et repos
À partir d’octobre, on bascule vers les boutures de bois aoûté puis de bois sec. Le forsythia et certains rosiers se bouturent encore en début de période, avant l’entrée complète en dormance.
De novembre à janvier, place aux grandes caduques : tamaris, vigne, saule, sureau. Les rameaux sont prélevés proprement, taillés en biseau à la base et en coupe droite en haut pour ne pas confondre le sens, puis plantés aux deux tiers de leur longueur dans un substrat drainant. L’enracinement sera long, mais le taux de reprise de ces espèces rustiques est parmi les plus fiables du calendrier.
Comment réussir ses boutures en 5 étapes ?
La technique de base reste la même quelle que soit la saison. Ce qui change, c’est l’état de la tige et les soins à apporter. Voici les étapes dans l’ordre, sans étape inutile.
- Choisir une tige saine et non fleurie : une tige en fleur dépense son énergie à produire des graines, pas des racines. On prélève toujours sur une plante mère vigoureuse, sans signe de maladie.
- Couper sous un nœud avec un sécateur propre : la section fait environ 10 à 15 cm. Un outil souillé peut inoculer des champignons et faire pourrir la base avant même l’enracinement.
- Supprimer les feuilles du bas, conserver 2 ou 3 en haut : les feuilles enfouies pourrissent et contaminent le substrat. Celles du haut assurent la photosynthèse, indispensable à la formation des racines.
- Planter dans un mélange sable et terreau, dans un pot percé : le drainage est non négociable. Un substrat compact ou un pot sans trou de drainage, et la base noircit en quelques jours.
- Couvrir d’une cloche ou d’une bouteille plastique coupée, placer à mi-ombre : l’effet de mini-serre maintient une humidité constante autour des feuilles sans arrosage excessif. On aère une fois par semaine pour éviter les moisissures.
Pour les espèces réputées difficiles comme le rosier ou le laurier-rose, tremper la base de la tige 30 minutes dans de l’eau de saule ou saupoudrer de cannelle en poudre améliore le taux de prise. Ces alternatives naturelles à l’hormone de bouturage du commerce donnent des résultats comparables pour la majorité des arbustes courants.
Au bout de combien de temps les boutures font-elles des racines ?
Le délai varie beaucoup selon l’espèce et le type de tige. Une tradescantia bouturée dans un verre d’eau montre ses premières racines en 5 à 7 jours. À l’autre extrême, une clématite peut prendre 4 à 8 semaines avant de montrer le moindre signe de vie.
Le signe fiable de reprise n’est pas la résistance quand on tire sur la tige (ce geste casse les radicelles naissantes), mais l’apparition de nouvelles feuilles. Une fois ce signal confirmé, on retire progressivement la cloche sur plusieurs jours, puis on attend une saison complète avant de planter en pleine terre. Pour savoir avec certitude si votre bouture est bien vivante ou compromise, il existe quelques indices concrets à observer sur l’état réel d’une bouture sans avoir à la déterrer.
Pourquoi les boutures pourrissent-elles ?
La pourriture à la base est la cause d’échec la plus fréquente, et elle est presque toujours évitable. Elle résulte d’une combinaison entre trop d’eau, un substrat mal drainé et un manque d’aération sous la cloche. Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent :
- Trop arroser : le substrat doit rester légèrement humide, jamais détrempé. Un arrosage tous les 3 à 4 jours suffit dans la majorité des cas.
- Exposer au soleil direct : la bouture n’a pas encore de racines pour compenser l’évaporation. Le soleil direct la dessèche en quelques heures.
- Ne pas aérer la mini-serre : une humidité stagnante favorise les moisissures. Ouvrir la cloche quelques minutes par semaine suffit à réguler.
- Utiliser un substrat trop compact : la terre de jardin seule étouffe les radicelles. Le mélange sable et terreau léger reste la base incontournable.
Si la base de votre bouture noircit malgré ces précautions, repotez-la immédiatement dans un substrat plus sec, retirez la partie nécrosée avec un couteau propre, et repartez sans cloche le temps que la tige se stabilise.


