Spin-off de l’Université de Limoges, InPlanta cultive des objets vivants

Par Corinne Mérigaud, à Limoges  |  02/12/2020

Ces végétaux grandissent dans un environnement clos adapté. (Crédits : l'Agence)

Faire pousser des plantes dans un contenant en verre hermétique, c’est le challenge réussi par la société InPlanta à Limoges qui vient de lever 360.000 euros afin de doper sa force de vente.

La vitroculture végétale est née au sein du Laboratoire de chimie des substances naturelles de l’Université de Limoges, il s’agit de cultiver des plantes ou des arbres sans entretien, hors sol et sous atmosphère stérile. Intéressé par ce process, David Marionnet, transfuge du groupe cosmétique corrézien Sothys, souhaitait monter son entreprise. Sa rencontre avec le professeur Vincent Gloaguen, qui œuvre au LCSN, a permis de transférer cette technologie de laboratoire vers le grand public. En mars 2017, il intègre l’incubateur Avrul d’Ester Technopole et, à la suite des retours positifs des tests de commercialisation, il crée la société en janvier 2018 avec son associé, embarquant dans son projet Idelette Plazanet, une doctorante du laboratoire promue responsable R&D et production.

Démultiplier la production

Les premiers plantaphores étant validés par les consommateurs, une levée de fonds est lancée pour structurer le développement commercial. Le tour de table a permis, le mois dernier, d’engranger 360.000 euros grâce à de nouveaux actionnaires notamment la Région Nouvelle-Aquitaine via son fonds de co-investissement Naco (110.000 euros), les Business Angels du Limousin et des investisseurs privés dont la société Double M et le groupe Hexagone. « Cette levée a pour objectif de structurer nos capacités de production afin de produire entre 30.000 et 50.000 plantaphores sur 2021 et 2022 contre quelques centaines d’exemplaires par mois aujourd’hui précise le président. » Une extension de l’atelier de 150 m2 sera aménagée sur la Technopole en fin d’année.

L’entreprise avait anticipé cette levée de fonds en musclant son service commercial avec deux embauches, dont un alternant, et la transformation d’un mi-temps en temps plein portant l’effectif à neuf salariés pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 360.000 € en 2020. L’ambition est désormais de gagner des parts de marché, notamment à l’export, et de porter l’effectif à une vingtaine de personnes en 2025.

Des végétaux sans entretien à replanter

Les plantaphores sont distribués dans 120 points de vente pour moitié par Botanic, mais aussi des fleuristes, jardineries indépendantes et concept stores. Des discussions sont en cours avec d’autres chaînes de distribution pour renforcer la présence d’InPlanta en Nouvelle-Aquitaine.

Les plantes et arbres à l’image du séquoia vont se développer dans un environnement aseptisé grâce aux apports nutritifs inclus dans un gel. Aucun entretien n’est nécessaire, cela séduit les clients désirant se libérer de toute contrainte précise-t-il. Ils ont simplement le plaisir de voir grandir leurs végétaux et peuvent ensuite les replanter grâce à nos tutoriels. »  Trois gammes sont commercialisées « Initiale » en tube à essai (10 à 12 euros), « Signature » en ballon de chimiste (20 à 25 euros) et « Excellence » posé sur un socle 100 % local, en porcelaine ou châtaignier Limousin (60 à 70 euros). « Le plantaphore est à la fois une plante et un objet décoratif, en somme un véritable objet vivant », conclut-il. La gamme va s’élargir début 2021 avec l’orchidée vanille. Des recherches sont en cours sur un plantaphore à usage de luminaire pour créer un objet vivant, à la fois décoratif et fonctionnel.

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