La start-up de Limoges InPlanta va commercialiser ses plantes dans deux enseignes nationales

InPlanta : le Président Alain Rousset vient effectuer la visite de la startup InPlanta © stephane Lefèvre
InPlanta, start-up limougeaude, qui conçoit des plantes autonomes et sous-verre, va commercialiser ses créations dans deux enseignes nationales.

Enfermé dans son tube, ce séquoia-là mesure à peine 10 centimètres. Quand sa version « naturelle » peut attendre 135 mètres. Cette gageure technologique, c’est la start-up limougeaude InPlanta, qui l’a réussie. Et la prouesse vaut métaphore du développement de la société : jeune pousse va devenir grande – ça a même déjà commencé.

Présent dans deux enseignes nationales

InPlanta, qui propose des plantes d’agrément autonomes en tube et sous-verre, est en train de passer « une étape primordiale » de sa croissance, comme l’explique son président, David Marionnet. Alors que sa production n’était disponible que dans trois points de vente et uniquement en Limousin, la start-up a passé un cap supplémentaire grâce à deux contrats, avec des enseignes d’envergure nationales : la chaîne jardinerie Botanic (65 magasins) et le groupe Monceau Fleurs (une quinzaine).

« C’est crucial, explique le dirigeant car ça montre que notre produit intéresse et surtout qu’on arrive à trouver un équilibre entre le prix du marché et le prix auquel on souhaite vendre. »

Installée depuis le début d’année dans un laboratoire de 100 m², destiné à la production à plus grande échelle, InPlanta, fort de ces marchés, va pourvoir poursuivre son développement. Une levée de 400.000 euros est en cours. « On a déjà des retours positifs, assure David Marionnet. L’idée, c’est également, assez rapidement de structurer l’entreprise au niveau commercial. »

Pour cela, la start-up recherche un « commercial France » « Pour la fin 2019 ou le début 2019 » et un commercial « pour l’international, « au second semestre 2020 », détaille le chef d’entreprise. « On souhaite grandir assez vite pour se stabiliser, ajoute-t-il. C’est notre stratégie. »

Écologie et forêt

Par son développement, InPlanta signe aussi la bonne santé et le dynamisme des start-up limousines, dont certains, comme InPlanta bénéficie de l’ingéniosité des laboratoires de la faculté de sciences, ainsi que du savoir-faire en matière de développement économique de l’agence de la valorisation de l’Université (AVRUL). Ce n’est pas un hasard si le président de Région, Alain Rousset, était en visite, ce lundi, dans les locaux de la jeune pousse (voir ci-dessous).

« On essaie de créer une chaîne de valeur en région, ajoute l’entrepreneur. On travaille beaucoup avec l’économie créative régionale. » C’est notamment le cas pour la fourniture de support en bois ou en céramique. « On s’intéresse aussi au cuir », ajoute David Marionnet. L’intérêt écologique des recherches d’InPlanta pourrait également offrir de nouvelles perspectives, notamment dans la sylviculture. « Aujourd’hui, certaines exploitations connaissent 50 % de perte à cause du stress hydrique, souligne Frédéric Bordes, expert en développement de l’entreprise. On réfléchit à créer InPlanta Forests pour être le maillon entre l’’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le secteur forestier, afin de créer des plantes plus résistantes au changement climatique. »

55.000 € à venir de la Région

« Le vrai problème, c’est comment on passe du “start” au “up”, puis à la PME et l’ETI (N.D.L.R. entreprise de taille intermédiaire). Ce qui manque à la France, c’est ça. » Alain Rousset est un observateur attentif du tissu économique local, et notamment du développement des start-up. En visite, ce lundi chez InPlanta, le président de Région a rappelé qu’il s’agissait pour lui d’une « priorité ». Alors que la réforme de l’ISF prive, selon lui, les entreprises de près « d’un milliard d’euros d’investissement », « il y a aujourd’hui un problème de fonds propres, aujourd’hui en France » : « Tout remonte à Paris », assure-t-il.

Ce qui n’empêche la Région de faire parler « sa puissance de feu » et son soutien financier. En novembre, 55.000 € doivent être votés par la commission permanente à destination d’InPlanta. « La régénération du tissu économique passe par là », assure le Président.